Identité numérique: les risques et les précautions utiles


2ème article de notre dossier sur l’identité numérique à découvrir en 3 épisodes :

Si les risques sur notre empreinte numérique peuvent venir de sources tierces, chacun peut également être à l’origine de traces numériques pouvant impacter négativement son image.

Comme nous l’avons vu dans le précédent article ( L’identité numérique, c’est quoi ? ), nous sommes tous aujourd’hui concernés par le principe d’identité numérique, élément complémentaire, indissociable et bien réel de l’identité d’une personne physique ou morale.

Il devient donc nécessaire d’avoir à l’esprit les enjeux de cette empreinte numérique pour respecter certaines précautions indispensables et adopter un comportement plus adapté.

Se reposer sur le ‘Droit à l’oubli’, est-ce la solution?

En 2014, la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) fait obligation aux moteurs de recherche de permettre aux internautes la possibilité de désindexer des résultats de recherche les concernant (perçus comme inappropriées, hors de propos ou qui n’apparaissent plus pertinents).

Si la proposition est louable, la mise en œuvre du droit à l’oubli doit faire face à de trop nombreuses imprécisions. Cette désindexation de liens restant à la discrétion du moteur de recherche, les critères d’application pouvant varier d’un cas à un autre.

 À la suite de votre demande, nous tentons de trouver un juste équilibre entre la protection de la vie privée de l’individu concerné et l’intérêt du grand public à accéder à ces informations, ainsi que le droit de tiers à les diffuser.

Face au droit à l’oubli, les moteurs de recherches opposent la notion de ‘Droit à l’information’, ce qui écarte bon nombre de réclamations. Vous n’aurez donc aucune garantie que votre demande aboutisse.

D’autre part, le principe de droit à l’oubli ne consiste pas à faire supprimer des contenus du web mais seulement à désindexer (déréférencer) ces contenus du moteur de recherche. Seuls les résultats de la recherche liés au nom du demandeur sont concernés… et seulement sur la version du pays du moteur de recherche du demandeur. Ainsi, un article vous concernant ne serait plus accessible en faisant seulement une recherche sur votre nom et sur le moteur de recherche de votre pays. Cependant, le même article resterait accessible pour toute recherche dans les cas suivants :

  • sur le moteur de recherche de votre pays, à partir de mots clés ou de noms d’autres personnes mentionnées
  • sur tout moteur de recherche en dehors de votre pays, à partir de votre nom

Le droit à l’oubli tel qu’il est appliqué aujourd’hui par les moteurs de recherche n’est donc pas à ce stade  une solution suffisante.

Il revient donc à chacun de prendre conscience des enjeux et de prendre en main la gestion de son empreinte numérique.

Pour faire une demande à Google, voici le formulaire à utiliser.

Surveiller son eReputation

Tout d’abord, surveiller ce qui traine sur le web à son propos.

Faire une recherche sur son nom sur les moteurs de recherche permettra d’avoir immédiatement une idée de la situation. Il est également intéressant de filtrer les résultats en fonction des formats et des sources, par exemples en spécifiant sa recherche avec les options ‘Images’, ‘Actualités’ ou ‘Vidéos’.

L’option ‘Outils’ de Google Search permet également de sélectionner les résultats de recherche spécifiquement pour la France (ou le reste du monde), et même de définir la période de publication (moins de 24 heures, moins d’une semaine, moins d’un mois,etc…).

Pour éviter de faire cette vérification manuellement par la suite, il est recommandé de se créer une alerte sur son nom afin de recevoir une notification par email dans le cas ou son nom est mentionné sur une page web ou une vidéo. Ces alertes ne seront pas exhaustives et ne vous signaleront pas par exemple ce qui vous concerne sur les réseaux sociaux. Pour cela, chaque réseau social vous adressera ses propres notifications, à conditions d’avoir créé son profil sur la plateforme concernée.

Quoi qu’il en soit, créer une alerte pour être informé d’une publication mentionnant son nom sur le web est le minimum qu’il convient de mettre en place aujourd’hui. De nombreux outils gratuits permettent cela et il est par exemple possible de le faire au travers de Google, sachant que ce moteur de recherche est de loin le plus utilisé en France.

Les précautions nécessaires

On le sait, nous pouvons être notre pire ennemi pour notre propre empreinte numérique. Par méconnaissance, ou par insouciance, notre propre comportement peut finalement contribuer à créer des traces négatives sur notre image.

·        Gérer les paramètres de confidentialité de ses profils sociaux

Si vous vous créez des profils sur les réseaux sociaux, la première précaution consiste à mieux identifier ce que ces plateformes savent de vous et ce qu’elles en font. Pour cela, visitez systématiquement les paramètres de confidentialité de votre profil. Avec la règlementation RGPD, ces plateformes sociales nous indiquent avec beaucoup plus de précisions les données qu’elles collectent à notre sujet et ce qu’elles en font. Il est alors possible de gérer ses propres paramètres pour décider ce que l’on autorise.

·        Séparer Vie privée/vie professionnelle

Concernant nos propres comportements, il est recommandé de bien séparer nos activités privées et professionnelles. Si vous utilisez certains réseaux sociaux à titre personnel, pensez à les privatiser pour autoriser seulement les personnes de votre choix à accéder à vos publications.

·        Réfléchir sur les conséquences de ses comportements

Vos publications et vos interactions sur le web peuvent laisser des traces indélébiles voire même engager votre responsabilité. Dans un article précédent, je dressais un état des lieux du cadre juridique complété de nombreux exemples.     

Il est parfois plus sage de ne rien dire et de ne rien faire, plutôt que de réagir de façon trop impulsive et irréfléchie, sans prendre en compte les différentes conséquences sur son identité numérique et les éventuelles conséquences juridiques ou professionnelles auxquelles on peut s’exposer.

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Un article de Frédéric Foschiani, Fondateur et Président de QSN-DigiTal, agence spécialiste des réseaux sociaux et de l’eReputation => Liens utiles

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#identiténumérique #eReputation #PersonalBranding #SocialMedia #ReseauxSociaux #droitaloubli

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