Analyse de Frédéric Foschiani, fondateur de QSN-DigiTal

Pendant des années, les entreprises ont travaillé leur visibilité numérique autour d’une question centrale : comment être trouvées ?

L’essor des moteurs de réponse ajoute aujourd’hui une autre interrogation. Lorsqu’une IA sélectionne, rapproche et synthétise des informations avant même que l’utilisateur ne consulte un site, que restitue-t-elle réellement de l’entreprise, de la marque ou du dirigeant recherché ?

C’est à ce moment que la visibilité rencontre un nouvel enjeu : celui de la représentation numérique.


Le 22 juillet 2026, Google a lancé en France les Aperçus IA et le Mode IA. Le moteur peut désormais fournir directement une vue d’ensemble ou une réponse détaillée à une question, tout en proposant des liens vers le Web. Avec le Mode IA, Google indique également pouvoir découper une question en plusieurs sous-thèmes et lancer simultanément plusieurs recherches afin de construire sa réponse. (Voir mon article sur cette annonce )

Cette évolution ne concerne pas uniquement Google. ChatGPT peut rechercher des informations actuelles sur le Web et intégrer des citations vers les sources utilisées. Claude dispose lui aussi d’une fonction de recherche Web accompagnée de citations. Perplexity se présente directement comme un « answer engine » qui recherche sur Internet et fournit des réponses sourcées.

Pour une organisation, cette évolution déplace progressivement le problème. La question n’est plus seulement : « Peut-on me trouver ? » . Une autre apparaît : « Que peut-on comprendre de moi à partir de la réponse produite avant même de consulter mes propres contenus ? »

C’est cette distinction entre visibilité et représentation qui constitue le point de départ de ma réflexion sur le concept de Brand GEO développé dans mon livre.

Visuel promotionnel du livre « BRAND GEO » de Frédéric Foschiani, consacré à la manière dont les moteurs de réponse fondés sur l’intelligence artificielle construisent et restituent la représentation numérique des organisations. L’ouvrage aborde l’e-réputation, la confiance numérique, la qualité et la provenance de l’information, la communication et les stratégies d’influence à l’ère de l’IA. Sur fond noir apparaît le livre « BRAND GEO – Gouverner sa représentation à l’ère des moteurs de réponse », accompagné d’une flèche jaune et de la mention « Disponible en version papier et Kindle

Des moteurs de recherche aux moteurs de réponse : ce qui change réellement

Le moteur de recherche proposait d’abord des sources

Le fonctionnement historique d’un moteur de recherche nous est familier. Nous formulons une requête. Le moteur identifie des ressources susceptibles d’y répondre, les classe puis nous propose une liste de résultats.

L’utilisateur conserve alors une part importante du travail informationnel. Il choisit un résultat, consulte une page, revient éventuellement aux résultats, ouvre une autre source et construit progressivement sa compréhension du sujet.

Cette logique n’a pas disparu.

Google continue d’afficher des résultats traditionnels et rappelle dans ses recommandations consacrées aux fonctionnalités d’IA générative que les bonnes pratiques SEO restent pertinentes. L’entreprise précise même qu’il n’existe pas d’exigence technique supplémentaire spécifique pour apparaître dans AI Overviews ou AI Mode.

Il serait donc excessif d’opposer un ancien Web de recherche à un nouveau Web qui l’aurait déjà remplacé. Ce qui change tient plutôt à l’apparition d’un mode d’accès supplémentaire à l’information.

Le moteur de réponse peut intervenir avant la consultation des sources

Avec les systèmes de réponse fondés sur l’IA, l’utilisateur peut obtenir directement une synthèse formulée en langage naturel.

Les travaux consacrés à la recherche générative décrivent cette évolution. Alors que les systèmes traditionnels d’ »Information Retrieval » ont historiquement cherché à identifier et classer des documents pertinents, certaines approches génératives peuvent désormais produire directement l’information recherchée à partir de connaissances internes ou d’informations récupérées.

Dans Google AI Mode, cette évolution devient très concrète. Google explique que sa technologie de query fan-out peut découper une demande en plusieurs sous-thèmes et lancer une multitude de recherches simultanément.

ChatGPT Search peut lui aussi rechercher sur le Web lorsque des informations actuelles sont utiles, puis fournir des liens et citations permettant de retrouver les sources mobilisées.

Dans ces situations, l’utilisateur ne disparaît évidemment pas du processus. Il peut ouvrir les références, contrôler les informations ou poursuivre ses recherches.

Mais quelque chose a changé : une première sélection, organisation et synthèse de l’information peut intervenir avant qu’il ne consulte directement les sources.

J’utilise ici l’expression moteur de réponse dans un sens fonctionnel. Elle ne désigne pas une architecture technologique unique. Google Search, ChatGPT, Claude ou Perplexity présentent des différences importantes. Ce qui nous intéresse est la situation dans laquelle le système ne se limite plus à indiquer où trouver l’information, mais participe directement à la formulation de la réponse présentée à l’utilisateur.

Ce changement d’intermédiation suffit déjà à modifier la question que doivent se poser les organisations.


Visibilité, présence et représentation ne répondent pas à la même question

Être visible ne dit pas encore ce qui sera dit de vous

Prenons l’exemple d’une entreprise correctement référencée.

Son site apparaît sur les requêtes importantes pour son activité. Sa page LinkedIn est active. Ses dirigeants prennent régulièrement la parole. Des articles de presse existent à son sujet. Elle dispose de plusieurs années de contenus accessibles en ligne.

Du point de vue de la visibilité, la situation peut sembler satisfaisante.

Pourtant, si un utilisateur demande à un moteur de réponse ce que fait cette entreprise, quels sont ses domaines d’expertise, qui la dirige ou comment elle se positionne sur son marché, le résultat dépendra de la manière dont le système construit sa réponse dans ce contexte précis.

Une forte présence numérique ne garantit donc pas, à elle seule, que la réponse obtenue restitue correctement l’activité actuelle, le positionnement ou les caractéristiques essentielles de l’organisation.

Mon livre Brand GEO part précisément de cette évolution. Une organisation peut disposer d’un site performant, publier régulièrement, être présente sur les réseaux sociaux et apparaître dans les résultats de recherche sans savoir pour autant comment les informations qui la concernent seront mobilisées, rapprochées ou restituées par un moteur de réponse.

La visibilité répond principalement à la question : peut-on me trouver ?

La représentation en pose une autre : que reconstruit-on de moi à partir des informations mobilisées ?

Être cité n’est pas non plus synonyme d’être bien représenté

La citation d’une source constitue naturellement un indicateur intéressant.

Pour un site, apparaître parmi les références présentées par une IA peut créer de nouvelles opportunités de visibilité. Ce sujet constitue d’ailleurs le cœur d’une partie des travaux consacrés au GEO, le Generative Engine Optimization, qui s’intéresse notamment à la visibilité des contenus dans les réponses générées.

Mais une citation ne raconte pas toute l’histoire.

Prenons un cas simple. Une entreprise a progressivement abandonné une ancienne activité pour se spécialiser dans un nouveau domaine. Son site actuel l’explique clairement. Pourtant, plusieurs anciennes pages, articles, annuaires et présentations professionnelles continuent à associer son nom à son activité historique.

Un moteur de réponse pourrait citer une source réelle et produire malgré tout une description qui ne reflète qu’imparfaitement la situation actuelle.

La source citée n’est pas nécessairement fausse. Elle peut simplement être ancienne, partielle ou pertinente pour une autre période.

À l’inverse, la présence du site officiel parmi les sources ne garantit pas que tous les éléments de la réponse proviennent exclusivement de celui-ci.

Il faut donc distinguer la présence d’un contenu dans une réponse de la représentation globale de l’entité produite à partir des informations mobilisées.

Une représentation peut aussi exister sans citation explicite du site officiel

Une troisième situation mérite l’attention.

Supposons qu’une IA décrive assez correctement une entreprise, mais que son site ne figure pas parmi les références visibles de la réponse.

Cela ne signifie pas nécessairement que l’entreprise est absente de l’environnement informationnel ayant contribué au résultat. Une description peut s’appuyer sur différents types de ressources : médias, bases publiques, plateformes professionnelles, articles, données structurées ou autres contenus accessibles selon le système utilisé.

La représentation ne se réduit donc pas au nombre de fois où le domaine officiel apparaît.

Cette distinction devient particulièrement intéressante pour les organisations qui commencent à suivre leur visibilité dans les IA en observant principalement leurs citations.

Google propose depuis juin 2026 dans Search Console des rapports spécifiques consacrés aux impressions des URL dans ses fonctionnalités d’IA générative, notamment AI Overviews et AI Mode. Depuis le 31 août 2026, ces rapports sont disponibles pour l’ensemble des sites dans le monde. Ces données permettent de mieux suivre la visibilité des contenus, mais elles ne mesurent pas à elles seules la manière dont une organisation est représentée dans toutes les réponses qui peuvent être produites à son sujet.

Trois questions apparaissent donc :

Visibilité : l’organisation ou ses contenus peuvent-ils être trouvés ?

Présence : apparaissent-ils ou sont-ils mobilisés dans une réponse ?

Représentation : que restitue finalement le système à propos de l’organisation ?

Ces trois dimensions peuvent se rejoindre. Elles ne sont pas synonymes.


Votre site ne constitue qu’une partie de ce que le Web dit de vous

L’organisation produit une partie de l’information qui la concerne

Une entreprise dispose généralement de plusieurs espaces sur lesquels elle possède une capacité d’action directe.

Son site Internet en constitue le premier exemple. Elle décide des pages qu’elle crée, des descriptions de ses activités, de la présentation de ses dirigeants ou encore des informations qu’elle actualise.

Elle dispose également de ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, de son blog, de ses communiqués de presse, de ses vidéos, de son podcast, de ses documents institutionnels ou de ses fiches produits.

Tous ces contenus participent à rendre son identité et son activité observables dans l’espace numérique.

Ils restent donc essentiels.

Mais ils ne constituent qu’une partie de ce qui existe à son sujet.

C’est précisément l’une des limites d’une lecture exclusivement centrée sur les contenus propriétaires. Une organisation ne produit pas seule toute la matière informationnelle qui la concerne.

Médias, avis, plateformes et tiers complètent cette présence numérique

Autour des espaces contrôlés par l’organisation se trouvent les informations produites par d’autres acteurs.

Un journaliste peut présenter l’entreprise dans un article. Un client peut publier un avis. Un collaborateur peut décrire son activité professionnelle sur LinkedIn. Un partenaire peut mentionner une collaboration. Une institution peut faire apparaître certaines informations dans une base publique. Un expert peut citer l’entreprise dans une étude. Un ancien article peut continuer à circuler plusieurs années après sa publication.

Ces différentes traces forment progressivement un environnement distribué.

Dans mon livre Brand GEO je le désigne comme un écosystème informationnel numérique, c’est-à-dire un ensemble distribué d’informations et de traces relatives à une entité, produites par elle-même ou par d’autres acteurs et présentes dans différents environnements numériques.

Cette notion permet d’éviter un raccourci fréquent.

La présence numérique d’une organisation ne se limite pas à ce qu’elle choisit de publier.

Elle comprend aussi ce que les autres documentent, commentent, évaluent, reprennent ou conservent à son sujet. C’est ici que le sujet rejoint directement l’e-réputation.

Une information ancienne peut continuer à coexister avec une information actuelle

Cette réalité n’est pas nouvelle. Les professionnels de l’e-réputation la connaissent depuis longtemps.

Une entreprise change de dirigeant, mais plusieurs biographies anciennes restent accessibles.

Elle déménage, mais son ancienne adresse continue à apparaître sur certaines plateformes.

Elle fait évoluer son offre, mais des articles continuent à la présenter à travers une activité devenue secondaire.

Elle change de nom ou de positionnement, sans que toutes les sources tierces soient actualisées au même rythme.

Pendant longtemps, ces écarts posaient principalement un problème de perception lorsque l’internaute consultait directement ces contenus.

Avec les moteurs de réponse, ils prennent une dimension supplémentaire.

Un système peut être amené à travailler avec un environnement dans lequel coexistent des informations provenant de périodes, de sources et de contextes différents.

Il serait toutefois incorrect d’en déduire qu’une IA additionne mécaniquement tout ce qu’elle trouve sur le Web. Les systèmes diffèrent, les sources accessibles ne sont pas identiques et leurs mécanismes internes de sélection ne sont pas entièrement observables.

Le point important est plus simple : l’information produite aujourd’hui par l’organisation ne fait pas automatiquement disparaître celle qui existe déjà ailleurs.

Corriger son site reste indispensable.

Cela ne revient pas nécessairement à corriger instantanément l’ensemble de son environnement informationnel.


Pourquoi le sujet dépasse désormais le SEO et le GEO

Le SEO conserve son rôle

L’arrivée des moteurs de réponse ne signe pas la disparition du SEO.

Google est très clair sur ce point. Son guide consacré à l’optimisation des sites pour les fonctionnalités d’IA générative indique que les bonnes pratiques SEO restent adaptées, notamment parce que ces fonctionnalités reposent sur les principaux systèmes de classement et de qualité de Google Search. (Google for Developers)

Cette précision évite de céder à l’un des réflexes récurrents du numérique : annoncer la mort d’une pratique dès qu’un nouvel usage apparaît.

Le SEO répond toujours à un problème essentiel : permettre aux contenus d’être découverts, compris, indexés et correctement positionnés dans les environnements de recherche.

Le développement des réponses génératives ne supprime pas cet enjeu.

Il en ajoute d’autres.

Le GEO s’intéresse à la visibilité dans les réponses générées

Le terme GEO, pour Generative Engine Optimization, s’est développé pour répondre à l’émergence des systèmes capables de générer directement des réponses.

Les travaux de Pranjal Aggarwal et de ses coauteurs formalisent le GEO autour d’un problème de visibilité des contenus dans les moteurs génératifs et proposent différents moyens d’évaluer cette visibilité.

Le GEO répond donc à un enjeu réel.

Comment favoriser les conditions permettant à un contenu, une information ou une source d’être mobilisé ou cité dans une réponse générée ?

Mais lorsqu’on déplace l’objet d’analyse du contenu vers l’organisation elle-même, une question plus large apparaît.

Une entreprise ne se résume pas à la page qu’elle souhaite faire citer.

Une marque n’est pas décrite uniquement par son site.

Un dirigeant ne maîtrise pas l’ensemble des informations qui existent à son sujet.

C’est ici que la question de la représentation dépasse celle de la seule optimisation d’un contenu.

La représentation pose une question plus large

Supposons que votre objectif soit d’obtenir la citation d’un article de votre blog dans une réponse générée.

Nous sommes clairement dans une problématique de visibilité du contenu.

Supposons maintenant que la question posée soit : « Présente-moi cette entreprise », « Quelle est sa spécialité ? », « Que sait-on de ce dirigeant ? » ou « Cette marque est-elle reconnue dans son domaine ? »

L’objet observé n’est plus seulement votre page.

C’est vous.

Ou plus précisément, la représentation que le système peut reconstruire à partir des informations qu’il mobilise dans le contexte de cette interrogation.

Votre site intervient dans cet environnement, mais aussi potentiellement les médias, réseaux sociaux, avis, partenaires, bases publiques, profils professionnels et multiples traces qui documentent votre existence numérique.

Le problème n’est donc plus strictement éditorial ou technique.

Il touche simultanément au référencement, à l’e-réputation, à la communication, aux relations médias, aux réseaux sociaux et à la qualité de l’information.

Aucune de ces disciplines ne devient inutile.

Mais les observer séparément ne suffit plus toujours à comprendre la représentation qui peut émerger de leur combinaison.

C’est ici que se situe ma vision au travers de mon livre Brand GEO.


Brand GEO : passer de la visibilité à la gouvernance de la représentation

Ce que je désigne avec le Brand GEO

Le travail de formalisation mené dans le cadre de mon livre m’a conduit à retenir la définition suivante :

Le Brand GEO désigne une démarche de gouvernance de l’écosystème informationnel numérique d’une entité visant à renforcer les conditions de sa représentation dans les systèmes d’accès à l’information fondés sur l’IA.

Cette définition marque un changement de perspective.

L’objet n’est plus uniquement la page que l’on souhaite positionner ou le contenu que l’on espère voir cité.

L’objet devient l’entité : entreprise, marque, dirigeant, professionnel, produit, organisation ou autre sujet identifiable dont plusieurs sources peuvent parler. La définition et ce changement de niveau sont au cœur du cadre développé dans l’ouvrage.

Le Brand GEO ne cherche donc pas à remplacer le SEO ou le GEO.

Il se situe à un autre niveau : celui de l’environnement informationnel à partir duquel une représentation de l’entité peut être produite.

Cela implique aussi une limite importante.

Gouverner ne signifie pas contrôler ce que répond une IA

Il serait tentant de transformer cette nouvelle problématique en promesse marketing.

Faire dire ce que l’on souhaite à ChatGPT, contrôler son image dans les IA ou garantir une présence systématique dans leurs réponses sont des formulations séduisantes.

Elles posent pourtant un problème : aucune organisation ne contrôle directement l’ensemble des mécanismes qui conduisent à une réponse.

Elle ne choisit pas l’architecture des systèmes, les modalités d’accès à l’information, les ressources qui seront mobilisées dans chaque situation ni la formulation finale produite.

OpenAI précise d’ailleurs dans sa propre documentation que les résultats de recherche et les citations peuvent être incomplets, obsolètes ou incorrects et recommande de vérifier les sources lorsqu’un niveau élevé d’exactitude est nécessaire.

Google rappelle également que les bonnes pratiques permettent de créer de meilleures conditions de visibilité, sans constituer une garantie d’apparition dans ses fonctionnalités d’IA générative.

Le concept que je développe avec le Brand GEO repose donc sur une distinction fondamentale : agir sur certaines conditions informationnelles ne signifie pas contrôler le résultat.

Une entreprise peut améliorer ce qu’elle publie, corriger certaines informations, rendre ses activités plus compréhensibles et observer la manière dont elle apparaît dans différents systèmes.

Elle ne peut pas imposer une réponse déterminée.

Cette nuance n’affaiblit pas la démarche.

Elle en définit le périmètre réel.

Un nouvel enjeu pour la communication et l’e-réputation

Pourquoi les responsables communication, marketing, relation presse, RH ou digital devraient-ils s’intéresser à ce sujet ?

Parce que les moteurs de réponse deviennent progressivement de nouveaux intermédiaires entre leurs publics et les informations qui parlent de l’organisation.

Google indique qu’AI Overviews dépasse désormais 2,5 milliards d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde et qu’AI Mode a franchi le milliard. Il s’agit de chiffres communiqués par Google lui-même, mais ils illustrent l’échelle prise par ces nouvelles expériences de recherche.

Les comportements observés suggèrent également que la réponse générée peut parfois prendre une place importante dans le parcours.

Le Pew Research Center a analysé en mars 2025 l’activité de navigation de 900 adultes américains. Lorsqu’un résumé IA apparaissait dans Google, les utilisateurs cliquaient sur un résultat classique lors de 8 % des visites, contre 15 % lorsqu’aucun résumé IA n’était présent. Le clic sur une source citée directement dans le résumé représentait seulement 1 % des visites concernées. Cette étude porte sur une population américaine et sur une période précise. Elle ne permet donc pas de transposer directement ces comportements aux utilisateurs français en 2026, mais elle montre qu’une partie du parcours peut se terminer sans consultation directe d’un site.

Pour une organisation, cela rend la représentation restituée par ces systèmes suffisamment importante pour être observée.

Pas parce qu’elle remplacerait son site, ses relations médias, ses réseaux sociaux ou son e-réputation.

Mais parce qu’elle vient désormais s’ajouter à eux.


Ce qu’il faut retenir du Brand GEO

Les moteurs de réponse ne suppriment pas les moteurs de recherche.

Le SEO ne disparaît pas.

Le GEO répond à un véritable enjeu de présence des contenus dans les réponses générées.

Mais pour une organisation, une question supplémentaire apparaît : quelle représentation peut être reconstruite à partir de l’ensemble des informations qui existent à son sujet ?

C’est ce déplacement qui conduit du référencement des contenus à la gouvernance de l’environnement informationnel.

Et c’est précisément le territoire que je développe avec le Brand GEO.


FAQ : Brand GEO et moteurs de réponse

Qu’est-ce que le Brand GEO développé par Frédéric Foschiani ?

Le Brand GEO est le concept que je développe pour désigner une démarche de gouvernance de l’écosystème informationnel numérique d’une entité visant à renforcer les conditions de sa représentation dans les systèmes d’accès à l’information fondés sur l’IA.

Il ne s’agit pas d’une méthode permettant de contrôler les réponses des intelligences artificielles. Le Brand GEO cherche au contraire à distinguer ce sur quoi une organisation peut agir de ce qui reste dépendant des systèmes, des sources mobilisées et du contexte d’interrogation.

Quelle différence entre SEO, GEO et Brand GEO ?

Le SEO travaille notamment la découvrabilité et la visibilité des contenus dans les moteurs de recherche.

Le GEO s’intéresse aux conditions susceptibles de favoriser la présence, la mobilisation ou la citation de contenus dans les réponses générées.

Le Brand GEO élargit le périmètre à l’environnement informationnel susceptible de contribuer à la représentation d’une entreprise, d’une marque, d’un dirigeant ou d’une autre entité.

Ces approches ne s’excluent pas. Elles répondent à des niveaux d’analyse différents.

Qu’est-ce qu’un moteur de réponse ?

J’utilise l’expression moteur de réponse pour décrire un système capable de produire directement une réponse à une demande en mobilisant, selon son fonctionnement, différentes informations ou sources.

Google AI Mode, ChatGPT Search, Claude avec sa recherche Web ou Perplexity illustrent cette évolution. L’expression décrit ici une fonction informationnelle et non une architecture technologique unique.

Une entreprise peut-elle contrôler ce que ChatGPT, Gemini ou une autre IA dit d’elle ?

Non.

Une entreprise ne contrôle ni les modèles, ni l’ensemble des sources qu’ils peuvent mobiliser, ni leurs mécanismes de sélection, ni la formulation finale des réponses.

Elle peut en revanche agir sur certaines informations qu’elle produit, identifier des informations erronées ou anciennes et observer les représentations obtenues afin de mieux comprendre son environnement informationnel.

Pourquoi l’e-réputation devient-elle importante dans les moteurs de réponse ?

Parce que la présence numérique d’une organisation dépasse ses propres contenus.

Articles de presse, avis, publications de collaborateurs, plateformes professionnelles, partenaires, bases de données et autres traces tierces peuvent faire partie de son environnement informationnel.

L’e-réputation apporte donc une lecture particulièrement utile pour comprendre les informations et perceptions qui existent réellement autour de l’entité.

Comment savoir ce que les moteurs de réponse disent de son entreprise ?

Une première approche consiste à interroger plusieurs systèmes avec différentes questions relatives à l’identité, l’activité, les dirigeants, les offres ou le positionnement de l’organisation, puis à comparer les réponses obtenues.

J’ai consacré à cette première étape un guide gratuit intitulé « Que disent les moteurs de réponse de vous ou de votre organisation ? », qui propose sept questions pour commencer à examiner ce sujet. L’article qui le présente est disponible sur le blog.

Découvrir le guide et les 7 questions


Conclusion : être visible ne suffit plus à décrire l’enjeu

Pendant longtemps, une part importante de la stratégie numérique a consisté à travailler ce que l’internaute pouvait trouver.

Ce travail reste indispensable.

Mais les moteurs de réponse introduisent aujourd’hui une autre étape entre les informations disponibles et l’utilisateur : le système peut sélectionner certains éléments, les rapprocher et en produire une restitution synthétique.

La question n’est donc plus seulement de savoir si votre organisation est visible.

Elle consiste également à se demander quelle représentation peut être reconstruite à partir de ce qui existe réellement sur elle dans l’environnement numérique.

Faites un test simple.

Interrogez plusieurs moteurs de réponse sur votre organisation, votre activité ou vos dirigeants. Variez légèrement les formulations. Puis observez les réponses.

Sont-elles cohérentes entre elles ? Correspondent-elles à votre situation actuelle ? Certains éléments vous surprennent-ils ?

Ces premières observations ne constituent pas encore une stratégie. Elles permettent en revanche de prendre conscience du sujet.

C’est pour aller plus loin que j’ai développé Brand GEO, Gouverner sa représentation à l’ère des moteurs de réponse. Le livre propose le cadre complet de ma réflexion pour examiner cet environnement, comprendre les mécanismes qui peuvent contribuer à la représentation numérique d’une entité et identifier ce sur quoi une organisation peut réellement agir, sans prétendre contrôler ce qui ne dépend pas d’elle.

Le livre est disponible en version papier et Kindle.

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Ce sujet sera également prolongé dans un prochain épisode du podcast #QSNTALKS, consacré aux situations concrètes auxquelles les organisations peuvent être confrontées et aux responsabilités qu’elles soulèvent entre communication, SEO, relations médias, veille et direction.

Enfin, QSN-DigiTal accompagne les organisations qui souhaitent intégrer les enjeux liés aux moteurs de réponse, à l’e-réputation et à l’intelligence artificielle dans leurs stratégies de communication, à travers des missions de conseil, de formation et de conférence.

#BRANDGEO


Frédéric Foschiani – Consultant, Formateur & Conférencier

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